Mon métro, boulot, dodo londonien

Je l’avais promis, aujourd’hui je fais suite au populaire article Travailler à Londres quand on est Français. Sauf que cette fois c’est différent car j’ai changé d’entreprise depuis l’année dernière et certaines choses ont changé. Plutôt que de me contredire par rapport à certains points évoqués précédemment, je préfère parler de mon quotidien. Il va sans dire que toutes les entreprises sont différentes, et que le vécu et le ressenti dans une petite ou une moyenne/grande structure ne sont pas les mêmes. La vie de tous les jours à Londres (lorsqu’on y travaille) n’est pas très éloignée de la vie à Paris ou à New York. Le fameux « métro, boulot, dodo » n’épargne personne dans ces grosses villes!

lundi

6h45, premières sonnerie: celle de mon téléphone. Je m’en fous, je sais que le vrai réveil va sonner dans 15 minutes alors je l’éteins (j’en mets toujours deux par sécurité…). 45 minutes plus tard, j’ouvre les yeux alors qu’il est déjà 7h30. Vous l’aurez compris, je ne suis pas matinale, surtout un lundi matin. Sachant qu’il faut que je parte vers 8h00-8h10 au plus tard pour arriver à l’heure au bureau, il ne me reste plus beaucoup de temps. Etre prête en 30 minutes, j’essaie tous les jours, j’y arrive pas. 8h25 je sors de chez moi en courant, je vérifie que j’ai bien les indispensables dans mon sac: oyster card, clés de la maison, téléphone portable, parapluie. Une fois dans le métro je réalise que j’ai oublié mon déjeuner, il va falloir que je passe au Sainsbury’s sur le chemin, de quoi perdre 5 minutes supplémentaires.
Je crois que mes collègues se sont habitués à me voir arriver en retard. Un rapide « Morning! » lancé dans l’open space et j’allume mon ordi après m’être préparé un thé. Lundi = rapports à rendre sur les chiffres de la semaine précédente + préparation de la réunion hebdomadaire, je suis toujours surchargée et je n’ai pas le temps de bavarder. On n’entend que le bruit du clavier et des clics de souris dans la pièce.
Ouah, déjà 13h30? Pas de règles pour la pause du midi, on la prend quand on veut, quand on a faim ou quand ça nous arrange. Tout le monde a ses habitudes alors si on veut faire connaissance avec tout le monde, il suffit simplement de déjeuner à des horaires différents! La journée défile à une allure impressionnante et quand je sors du bureau il fait nuit noire. Même s’il n’est qu’à peine 18h, on dirait qu’il est déjà 22h… Un peu déprimant mais le début de semaine est tellement fatiguant que je n’ai de toute façon pas envie de sortir, je rêve de mon lit depuis ce matin et hâte de le retrouver.

mardi

« Heart Breakfast! With Jamie and Emma! » Mais qu’est-ce qu’il m’a pris de choisir cette station de radio… Sans doute la seule que je captais bien. Le jingle reste dans ma tête jusqu’à ce que je sorte de l’appart. Je ne me suis pas levée plus tôt qu’hier, je ne suis pas partie plus tôt, mais je me promets qu’il y aurait de l’amélioration demain. Le mardi c’est cool pour une chose: on nous distribue le « Time Out » devant le métro. THE magazine hebdomadaire gratuit et incontournable de Londres qui parle de cinéma, musique, théâtre, restaurants, choses à faire et articles divers généralement super intéressants. Je me demande pourquoi ils nous le distribuent le mardi d’ailleurs, ça aurait plus de sens un vendredi. Peut-être que comme moi la rédaction a pensé que comme le mardi était la pire journée de la semaine, il fallait aider les gens a garder le moral avec plein de bons plans pour la semaine.
Fin de journée, ce n’est pas encore ce soir que j’irais au sport. Les mardi et jeudi soirs sont ceux que je réserve aux copines qui ne sont pas dispo le week-end. Du coup… souvent je me couche plus tard que prévu, en me disant qu’il ne reste plus que 3 jours (ou 1 jour) avant le week-end.

mercredi

J’arrive au bureau 10 minutes en avance par rapport à l’habitude (c’est-à-dire seulement 10 minutes en retard), fière de moi. La moitié de l’équipe est encore dans la cuisine pour se faire un thé, je les rejoins. Les Anglais et leur rituel avec leur thé au lait, ça me fait rire. Je m’étonne néanmoins que l’un deux ne mette que quelques gouttes de lait dans son thé. Il m’explique: « In the morning, I like it strong« . Ah. Parce que pour lui visiblement un thé au lait, c’est fort et ça réveille… Rares sont ceux qui prennent un café noir.
Cette après-midi, réunion avec mon manager: je dois lui parler de l’étude de concurrence que j’ai réalisée et établir avec lui le planning stratégique des prochaines semaines. Ce genre de réunion (appelée « catch-up » quand c’est censé être court) peut durer presque toute l’après-midi. Néanmoins, contrairement aux réunions en France qui durent des heures et auxquelles on aboutit généralement à deux fois plus de problèmes et aucune solution, j’en ressors toujours avec des réponses concrètes et des plans d’action à mettre en oeuvre. Quand on dit quelque chose, on va droit au but et on ne perd pas son temps. Si la réunion a duré des heures, c’est qu’il y avait plein de sujets à aborder et non parce qu’on avait envie de bavarder. Dans la façon de travailler, je dirais que c’est la principale différence avec les Français.

jeudi

J’ouvre la première fois les yeux en me demandant « on est vendredi? », et quand je réalise – après un long calcul savant – qu’en fait on est que jeudi, j’ai envie de me recoucher. L’avantage lorsqu’on habite à Waterloo et qu’on y travaille pas, c’est qu’on va dans le sens inverse de la plupart des gens dans le métro. La Jubilee line est réputée pour être la plus rapide des lignes de métro, pourtant je suis heureuse de ne pas devoir la prendre… Pour moi c’est l’équivalent de la ligne 1 à Paris, toujours pleine à craquer. La Northern line n’est pas mieux, elle se ramifie à plusieurs endroits. Mais généralement, après avoir passé les stations Leicester Square et Tottenham Court Road (le cœur de Londres), je peux finalement m’asseoir.
Au bureau, la folie du début de semaine commence à laisser place à plus de décontraction, on parle de tout et de rien, on s’envoie des blagues. Il y a aussi le débat du mois: « Will it snow this winter?« . Le climat est un sujet de conversation où les Anglais auront toujours quelque chose à dire et un avis sur la question. Au cas où vous ne sauriez pas comment lancer la conversation…

vendredi

Le vendredi, c’est ma journée préférée. Je peux déjà penser au week-end et surtout je peux mettre un jean confortable. Ce n’est pas toujours le cas mais dans mon entreprise le vendredi c’est Friday wear. Mine de rien, voir ses collègues habillés en tenue de tous les jours, ça détend davantage l’atmosphère. J’ai déjà vu mon manager porter un jumper portant la mention « Witness the fitness » dessus. On commence déjà à parler des plans du week-end, on se commande éventuellement une pizza pour la pause du midi (chez Domino’s bien entendu)… bref, l’esprit est détendu.
Le vendredi soir, on est fatigués comme tous les autres soirs de la semaine mais la différence c’est qu’on peut veiller tard sans conséquences fâcheuses, le lendemain c’est samedi! Des pubs, il y en a partout et sont souvent remplis de travailleurs qui y célèbrent la fin de la semaine (quand je vous disais qu’ils savent comment fêter les événements ici). 5 jours de métro, boulot, dodo… ça se fête comme il se doit!

weekend

Week-end: ce n’est certainement pas le bon moment pour me sortir que « le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt« . Le samedi et le dimanche, c’est grasse matinée! Seulement 2 jours pour se détendre, il faut en profiter. Pour les bonnes adresses de restaurants et d’endroits pour aller bruncher, c’est ici. Et s’il fait beau (du moins s’il ne pleut pas), baladez-vous le long de la Tamise, c’est magnifique!

Si j’en suis à vivre ce rythme de vie aujourd’hui, j’ai aussi connu le chômage après mon emménagement à Londres comme beaucoup de jeunes de France ou d’ailleurs. Pour vous donner une idée, il m’a fallu environ 5 mois pour trouver mon premier job (dont 3 mois mouvementés, conséquence de l’euphorie d’un déménagement organisé à l’arrache, un Noël où il a fallu rentrer sur Paris pour retrouver mes proches). Bon… disons 2 bons mois pour trouver mon premier job en tant que Commerciale BtoB, alors que lorsque j’ai choisi de démissionner pour trouver quelque chose qui me plairait davantage (le Marketing Online), il m’a fallu 2 jours. La confiance que l’on accorde à sa propre candidature joue beaucoup dans son recrutement et il est très facile de la perdre quand la recherche dure un peu trop. Ne surtout pas se décourager! Il n’est pas plus facile de trouver un travail à Londres plutôt qu’à Paris (surtout quand on n’est pas Anglais) mais des sites pour trouver des emplois il y en a pléthore: Monster, Reed, TotalJobs, Jobsite

Alors si vous rêvez de vous enfoncer dans un métro bondé pour aller au boulot, prier pour que le gentleman à côté de vous ne renverse pas son café Nero, Starbucks ou Costa sur vous, marcher sous la pluie et rentrer chez soi après une longue journée quand il fait déjà nuit noire… Vous savez ce qu’il vous reste à faire!

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Catégories :Chez les rosbeefs

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10 réponses

  1. Je découvre ce blog au fil de mes recherches « emploi Londres », « emploi français Londres », « je suis française et désespérée, vais-je enfin trouver du boulot dans cette ville? ».

    Je suis arrivée il y a un peu plus d’un mois et je suis à présent en recherche active. Je me suis beaucoup basée sur les sites de recrutement multilingue, espérant que le fait de parler français serait un atout. Mais je vais peut-être effectivement jeter un oeil du côté de Monster et autres… J’espère pouvoir y mettre mon CV en veille, en mode « appelez-moi ! ».

    Merci beaucoup en tout cas, je garde ton blog dans mes liens ! :)

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  2. Je ne commente pas toujours car parfois je ne sais pas comment réagir (je connais mal Londres et les box n’ai pas un domaine que je maitrise ^^ ) mais c’est toujours un plaisir malgré tout de venir te lire et de prendre de tes nouvelles :) J’espère que tout se passe bien pour toi.

    Bisous.

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  3. Je me retrouve un peu dans ton post. J’ai mis 3 mois pour trouver un travail à Londres et j’aurai jamais cru que ça serait aussi long !

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  4. Hello, sympa cet article immersif dans la vie de tous les jours ! A défaut de pouvoir s’expatrier, ça permet d’imaginer ! ;)

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    • Ravie que ça t’ai plu!:)
      Pourquoi tu dis ne pas pouvoir t’expatrier?

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      • Dans un couple, si le souhait d’expat’ n’est pas commun… Alors je lis ton blog, et j’imagine ! Et dès que je peux me faire une virée à Londres, j’y cours (pour les courts séjours, elle est d’accord :) c’est déjà ça !).

        D’ailleurs, pour le prochain séjour, je tenterais bien quelques restos/brunchs que tu cites dans ton carnet d’adresses !

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    • Super compliment, merci beaucoup !
      De bonnes adresses, j’en ai encore plein sous le coude…

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Rétroliens

  1. Déménager à Londres, ce qu’il faut savoir « SWITG.ME

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