Célibataires à Londres: Internet à votre service

On sort des sentiers battus cette fois pour parler des rencontres en ligne à Londres. Moi-même célibataire depuis quelques mois, je voulais vous faire partager mon expérience dans cette grande ville qui apparemment recenserait le plus fort taux d’hommes célibataires par rapport aux femmes célibataires (avec un ratio de 1.5 hommes pour 1 femme, d’après le magazine Cosmopolitan que j’ai lu l’autre fois dans l’Eurostar).

L’arrivée d’internet a drôlement facilité les choses pour faire des rencontres… Peut-être même un peu trop. Mais après tout c’est vrai, si on ne rencontre pas sa moitié pendant ses études, au boulot, via des amis en commun, dans un bar ou totalement par hasard en flânant seul dans un parc (rare), comment faire? Internet, c’est la nouvelle génération. Tinder, Match, Zoosk, OkCupid…, ce ne sont pas les sites qui manquent.

Si vous n’avez pas encore franchi le pas parce que vous avez peur de rencontrer des inconnus, vous n’assumez pas de vous vendre comme « produit » sur un site internet, vous craignez d’y croiser des connaissances (ou pire, des collègues pas forcément célibataires), vous pensez que ce n’est pas une méthode assez naturelle, …etc, cet article pourrait assouvir votre curiosité. Si au contraire vous êtes en couple et/ou n’avez aucun intérêt à vous inscrire sur un site de rencontres, vous pouvez tout de même continuer à lire et vous moquer des âmes esseulées en quête d’amour (vous vous marrerez bien, promis).

onlinedatingpitbull

Déjà, il faut savoir que le nombre d’inscrits peut être assez impressionnant (tout le monde a sa propre excuse: « Je suis trop occupé par mon boulot », « Je ne sors pas très souvent », « Je voudrais rencontrer des gens en dehors de mon propre réseau », …etc.). Mais le fait est que finalement, faire des rencontres en ligne demande du temps et de l’organisation! Alors exit l’excuse « Ouais, j’ai pas le temps en dehors du travail alors internet c’est plus rapide… », ça ne colle pas. Je vais vous expliquer pourquoi:

Etape 1: Tri des profils

Bon déjà, il faut créer votre propre profil, on est d’accord. Pour commencer, le choix de votre identifiant en dira assez long sur vous. Exemples: nympho78 (= je recherche un plan cul), petitpapillon (= j’ai un âge mental de 15 ans), pickme (= je suis désespéré), yoursoulmate (= j’me la raconte grave), qwrtjsfkhd (= j’avais pas d’inspi). Bref, ne pas négliger les détails. Après il faut trouver les photos qui nous mettent en valeur (net avantage pour les amateurs de selfies dont l’ego est généralement surdimensionné) et écrire une description qui soit un peu drôle ou au moins originale. Je ne vais pas faire le travail pour vous mais je peux néanmoins vous dire ce que je lis très souvent:

« I speak German, Russian, French, Spanish, and Portuguese » (avec des variantes au niveau des langues citées): à Londres, ce n’est pas du tout exceptionnel d’être multilingue. Quoi, tu ne parles que 2 langues? *regard plein de dédain et de mépris*

« I just moved in London after 6 years in California, Chile, China, Australia and Brazil »: d’où le fait qu’ils soient tous multilingues, on a l’impression que c’est limite obligatoire d’avoir fait le tour du monde avant de se poser à Londres.

« I’m not looking for the one, just a good banter to discover London with »: Ah oui, la majorité ne recherche pas de relations sérieuses. Cette ville bouge énormément, pas d’urgence pour rencontrer l’âme-sœur (d’ailleurs plus personne ne croit en ce concept). Et ceci est valable aussi bien pour les trentenaires que pour les quarantenaires.

En gros, le profil type du célibataire à Londres n’est PAS Anglais (et certainement pas originaire de Londres). Voyageurs, expatriés de toutes nationalités, voilà ce que vous trouverez en ligne: des gens qui ne se posent jamais, dans tous les sens du terme.

Etape 2: Tri des emails

Il y a un moment où trier les profils est fatiguant, alors on attend qu’on nous trouve (méthode plus passive mais qui peut payer si on est chanceux). D’expérience, je peux vous dire que parmi les messages reçus, rares sont ceux provenant de profils intéressants… Mais ils ont l’avantage de flatter votre ego et vous permettent de vous taper une bonne barre de rire. Pour le fun, voici une petite sélection des perles reçues dans ma boite aux lettres (vous remarquerez que leurs identifiants collent souvent bien au contenu):

« Nice eyes…you’ve got me hypnotised. » – OkeyDoki

« Heyyy, sorry but you owe me a can of coke because you made me drop mine as you look so pretty in your picture :) » – mad100000

« You are definitively incredible beautiful and it is my thinking that i must treat you like a princess, with the upmost respect you deserve. It would be my honor to give you power, obey, serve, please and give you control, obey, serve and please you. I would love to do everything you order cheerfully and without hesitation and hope i can become your friend. » – xxxdeepdesirexxx

« I think that you are an Angel descended from heaven » – massimo73

« Congratulations! You’re officially the hottest British Asian on this site :)… » – nile_x

« You shouldn’t wear makeup. It’s messing with your perfection! » – casamoraonva

« Sorry for being shallow, I haven’t read a word of your profile… Just thought you were hot » – frjm

Et puis il y a aussi les nombreux « Hi what’s up? » qui manquent cruellement de conversation et dont je ne réponds jamais. Ça y est, vous situez mieux? Réussir à se démarquer de la concurrence, trouver des profils intéressants parmi cet énorme catalogue que propose internet, ignorer les emails, ne pas toujours recevoir de réponses… On passe finalement plus de temps à chercher qu’à se rencontrer.

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Etape 3: Les rencontres

Le danger maintenant, c’est de tomber sur des gens avec qui on a un bon feeling en ligne, mais avec qui ça ne collera pas en vrai. Alors perso je préfère passer rapidement aux rencontres pour perdre moins de temps (nous vivons dans un monde pressé où nos cerveaux sont sans cesse hyper-connectés à toute forme de réseaux – heureusement que respirer se fait automatiquement). Et si ça colle pas? Next! Avouez-le, en lisant ces lignes vous voulez en savoir plus. Mon expérience en terme de « online dating » jusqu’à présent se résume donc à peu près à ça:

– D’abord il y a eu M., Tchécoslovaque, 32 ans. On a chatté toute la journée, et puis on s’est vite rencontré pour voir s’il y avait idylle. Et puis tu m’as envoyé un message tout pourri pour me dire: « You’re cute, but you’re not for me. I didn’t feel any magic ». En même temps, j’aurais du me douter quand j’ai vu ta phrase sur ton profil: « We think too much, don’t feel enough », nous ne vivions pas sur la même planète, toi et moi.

– Pas longtemps après il y a eu J., Anglais/Gallois, 34 ans. Dans ton attitude, on ne pouvait pas faire plus « British ». Toi, tu mérites un peu plus de lignes car notre « histoire » a dépassé le stade du 1er date, ce qui est rare. Bon… avec ton emploi du temps chargé, on ne s’est vus que 3 fois en l’espace de 2 mois, mais on s’envoyait des messages tous les jours. Et puis je me suis attachée, même si je ne m’étais pas tout de suite sentie sous ton charme. Je commençais à me demander où cela allait bien pouvoir nous mener, tu t’amusais à parler français (avec plein de fautes et surtout avec des phrases totalement hors contexte), et moi je n’étais pas prête à adopter la Marmite au p’tit déj. Mais je crois que surtout, tu n’étais pas prêt à t’engager dans une relation sérieuse, voilà comment nous avons officiellement mis un terme à quelque chose qui avait pourtant du potentiel à mes yeux. Tu m’as donné l’impression d’être aussi légère qu’une plume, que le moindre courant d’air pouvait faire s’envoler loin… très loin. Et puis j’ai réalisé que Londres, c’était ça: un véritable carrefour où on ne fait que se croiser.

– Au moment où je m’interrogeais sur l’efficacité d’internet pour rencontrer des gens sérieux, j’avais décidé de l’utiliser pour au moins faire connaissance avec de nouvelles têtes. C., Anglais/Chinois, 31 ans, était le suivant. Tu n’étais pas du tout mon type mais tu m’inspirais sympathie (entre Eurasiens, on se comprend). Mais une simple amitié ne te convenait pas, et moi je n’y voyais pas trop d’intérêt.

– Ensuite j’ai bien aimé le profil de E., Américain, 34 ans. Tu m’as dit de suite que tu ne voulais pas de « girlfriend », j’ai aimé ton honnêteté et de toute façon je ne savais plus trop ce que je recherchais moi-même. En gros je me contente de suivre le rythme dans lequel cette ville m’entraîne. Un dimanche après-midi on a maté un film ensemble comme des potes, alors qu’on s’était jamais vu avant… Je me suis dit que quand même, internet c’était cool. Et quand tu m’as envoyé une semaine plus tard: « ca va Frenchie? », j’ai trouvé drôle que tu essaies de parler français pour reprendre contact. La porte est donc restée ouverte pour se mater d’autres films, un de ces quatre.

– Moyennement motivée, j’ai quand même accepté l’invitation de G., Italien, 36 ans, car mon emploi du temps me le permettait. On s’est super bien entendu et la soirée était très agréable. Malheureusement, je n’ai ressenti aucune attirance physique qui aurait pu mener à quelque chose de plus. Alors je t’ai proposé de se revoir en amis, et tu as dit oui. Je me demande encore si je ne suis pas un peu trop naïve.

– Enfin, mon meilleur exemple des risques via internet est illustré par J., Irlandais, 32 ans. On avait discuté toute la soirée en ligne et le feeling était au top. On a alors décidé de se rencontrer. Et dès que je t’ai vu, ça n’a pas collé. Tu n’avais pas l’air à l’aise, la conversation n’était pas fluide, un excès de timidité de ta part sans doute mais je n’ai pas pu me projeter plus loin.

Malgré le fait que ces rencontres n’ont pas mené à grand chose de très significatif, je ne regrette aucune d’entre elles. Chaque personne qui croise mon chemin, ne serait-ce que quelques instants, laisse sa propre marque. Je sais bien que malheureusement nous ne pensons pas tous de la même manière, mais avec cet article je voulais surtout montrer qu’à Londres il n’est pas facile d’élargir son réseau social. Cette ville est un véritable carrefour peuplé par des voyageurs en transit. On ne peut pas être fatigués de cette ville, on ne peut même pas vraiment s’y ennuyer. Et le « dating » fait parti de la vie des londoniens, aussi éphémère que cela puisse paraître…

Pour finir, je terminerais avec une question vue sur un de ces sites, qui pour moi illustre bien la mentalité d’ici:

When you’re not in a serious relationship, what do you prefer?
a. Dating multiple people at once
b. Dating one person at a time
c. I only have serious relationships; I don’t « date »

Et vous, des expériences croustillantes à partager? Si oui, n’hésitez pas à commenter!

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Catégories :Chez les rosbeefs

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4 réponses

  1. Finalement le seul mâle qui tiens vraiment la route c’est Miko :)

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    • Crazy cat lady… that’s my destiny :)

      Une opinion à proposer sur le dating online de ton point de vue masculin?
      Est-ce bien différent en Australie?

      J'aime

      • J’ai l’impression qu’à Melbourne les dating-sites sont plus fréquentés par les locaux mais globalement ça reste le même principe: Il faut savoir se démarquer de manière adéquate (ce qui est plus difficile et plus important pour les hommes en raison de leur nombre) et garder en tête que le feeling online ne se transposera pas forcément une fois face à face.
        C’est parfois un peu creux aussi quand le romantisme est sacrifié sur l’autel du pragmatisme et qu’on se retrouve à faire de la négociation, le naturel en prends un sale coup dans les gencives.
        Mais bon, on finit par trouver des gens sur la même longueur d’onde et personnellement ne je regrette pas ces rencontres :)

        Aimé par 1 personne

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