[ROUMANIE] La vie à Cluj Napoca, par Yoko

Vous aimez voyager? Si vous me lisez, j’aurais tendance à penser que oui… Cette fois c’est une destination un peu moins courante que je vous propose: la Roumanie, à Cluj Napoca plus précisément, où s’est installée Yoko il y a plusieurs années. Elle a gentilment accepté de nous faire part de son expérience:

Quand as-tu quitté la France ?

Août 2007, je suis partie en bus (un voyage de 36h dans un bus sans clim’) avec mon frère et 140kg de bagages préparés quelques jours auparavant. Je me demandais si j’avais fait le bon choix, mais de toute façon c’était trop tard, le car était déjà sur le périph’, en route pour la Roumanie!

roumanie 2

Pourquoi as-tu choisi de t’installer à Cluj Napoca et qu’y fais-tu ?

Pour mes études de médecine. J’étais en 2ème année à Dauphine à Paris pour des études de maths-info-économie après le Bac, mais ça ne me plaisait vraiment pas. C’était un moment de ma vie où je ne savais pas trop quoi faire, et mon frère m’a parlé de la médecine en Roumanie. Il s’est inscrit, alors je me suis dit pourquoi pas? Lui avait passé 2 fois le concours en France, et je me voyais mal “perdre” encore 1 voir 2 ans pour au final ne pas être sûre de réussir le concours en France. Et puis, je ne voulais pas me séparer de mon grand frère! C’était la grande aventure, je n’avais jamais mis les pieds en Roumanie, j’avais juste vu des photos de l’appartement qu’on allait louer, et quelques photos de Cluj Napoca. Et puis si je ne me lançais pas à 20 ans, quand est-ce que j’aurais quitté la France?

Quelles principales difficultés as-tu rencontré lors de ton installation ?

La barrière de la langue, ne pas pouvoir s’exprimer correctement et ne pas se faire comprendre. Au début c’était vraiment difficile.

Peux-tu citer 3 choses que tu adores à Cluj Napoca ?

La vie étudiante que j’ai eu, comme tous les étudiants qui étaient inscrit ici étaient loin de leur pays et de leur famille, on avait un groupe d’amis très soudé, un peu comme une deuxième famille. C’est vraiment différent, on sait tout de suite sur qui on peut compter (ou non) pour les petits soucis de la vie quotidienne.

Ma ville a beaucoup évolué en 8 ans, au début quand on est arrivé il n’y avait pas grand chose, maintenant on a des grands centres commerciaux, le centre ville est animé le soir avec ses nombreux bars, et je m’y sens en sécurité.

La population est accueillante, souriante et simple. Maintenant que je parle roumain, c’est encore plus facile. Ca m’arrive de discuter dans la rue pendant 10 minutes à une vieille dame. Les roumains sont ouverts et curieux, je suis maintenant interne et ca m’arrive de passer beaucoup de temps à répondre aux questions que mes patients me posent à propos de mon parcours inhabituel, alors que c’est normalement à moi de leur en poser à propos de leur venue à l’hopital !

Boulevard Eroilor - Centre ville

Boulevard Eroilor – Centre ville

… Et 3 choses que tu n’aimes pas ?

La pauvreté et le manque de moyen qui se ressentent chaque jour à l’hopital. Ici, c’est très différent de la France. Il y a un manque de médicaments dont on a besoin pour nos patients hospitalisés, et un manque de matériels. Aujourd’hui par exemple, pas de fils de sutures. Du coup, les patients doivent aller acheter à la pharmacie d’en face ce dont ils ont besoin. Et s’ils n’ont pas les moyens, la patiente du lit d’à coté aura peut-être la gentillesse d’aller lui en acheter. Une chose est sûre, je pourrais me débrouiller avec les moyens du bord!

Y a-t-il des clichés que tu voudrais confirmer et/ou contredire sur la Roumanie ?

Les Roumains ne sont pas tous des Roms. Et les Roms ne sont pas tous Roumains. D’ailleurs, ici aussi les Roms sont mis à l’écart. Ils ont leur propre dialecte, ne se mélangent pas trop au reste de la population.

Personnellement je n’ai pas eu de problèmes avec les Roms depuis que je vis en Roumanie. Il y en a quand même pas mal qui mendient, et certains ne sont pas très agréables, mais il y en a d’autres qui vivent leur vie sans rien demander à personne.

A quoi ressemble ton quotidien ?

Maintenant que je ne suis interne et que je travaille à l’hôpital, mon quotidien ressemble plutôt à maison-hopital. Au début le rythme était assez dur pour moi, car ici, pas de pause déjeuner comme en France! On commence a 8h dans mon service par le rapport de garde, et officiellement on travaille 7h par jour (donc jusqu’à 15h) mais ca, c’est que sur le contrat. On part de l’hôpital quand on termine son travail. Donc parfois, ca m’arrive de rentrer chez moi vers 18h, affamée. Les gardes de nuit ne sont pas rémunérées, et il n’y a pas de repos après la garde. On continue une journée normale de travail.

Le week end on se retrouve entre copains pour discuter des cas qu’on a vu pendant la semaine, pour se raconter des anecdotes de l’internat, se montrer des photos de lésions qu’on a réussi à prendre discrètement.. et puis pour décompresser bien sur!!

Ressens-tu parfois le « mal du pays »? Si oui, pourquoi ?

Ce n’est pas vraiment la France en particulier qui me manque. C’est plutot ma famille et mes ami(e)s de France qui me manquent beaucoup. Et puis le bon fromage et du bon vin rouge!

Quels sont tes projets sur le long terme ?

Faire des stages en France pendant mon cursus, pour pouvoir avoir de l’experience et voir les différences et les difficultés que je pourrais rencontrer. Et retourner en France à la fin pour m’y réinstaller, près de ma famille bien sûr.

Quels sont les conseils que tu donnerais à tous ceux qui aimeraient s’expatrier ?

Si on ne le fait pas pendant notre jeunesse, quand est ce qu’on aura le courage de le faire! Je pense qu’il faut se lancer sans trop réfléchir, car plus on réfléchit, plus on se dégonfle.

Piata Muzeului - Centre ville

Piata Muzeului – Centre ville

© Crédit photos : clujust.ro; arhitext.com; ziuadecj.realitatea.net / Légendes et commentaires : Yoko.

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1 réponse

  1. C’est bien sympathique ces interviews, merci Florence, merci Yoko :)

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